Rabbi Dov Ber, l’Admour Haemtsahi

Rabbi Dov Ber Chnéory naquit le 9 Kislev 5534 (1773). Le Maguid de Mézéritch avait annoncé à l’Admour Hazaken la naissance de ces fils et lui avait demandé de lui donner son nom. Dès son plus jeune âge, il fit preuve d’une intelligence particulière. Il pouvait étudier des heures durant, sans que rien ne trouble sa concentration. De même, il écrivait avec une grande aisance et son style était particulièrement raffiné. Sa Bar Mistvah fut célébré avec un faste particulier et son pèrel l’Admour Hazaken, fit marque d’une grande joie.

Il se maria en 5548 (1788), avec la Rabbanit Cheïna. Celle-ci était la fille d’un des ‘Hassidim de l’Admour Hazaken. Rabbi Chnéor Zalman demanda une fois à ce ‘Hassid pourquoi il ne mariait pas ses cinq filles. Il lui répondit que sa pauvreté ne le lui permettait pas. L’Admour Hazaken décida alors que sa fille Cheïna se marierait à Rabbi Dov Ber. Peu après, en 5550-5551 (1790-1791), son père, l’Admour Hazaken, lui confia la responsabilité des jeunes ‘Hassidim, alors qu’il avait tout juste seize ans.

C’est en Tévet 5573 (1813) qu’il succéda à son père et prit la tête des ‘Hassidim. Le 18 Elloul de cette même année, il s’installa à Loubavitch, un village à proximité de Mogilev. Peu à peu, les ‘Hassidim commencèrent à affluer vers cette ville.

Comme son père, il se soucia également du bien-être matériel des Juifs, qui vivaient cruellement des guerres de la Russie contre la France et l’antisémitisme tsariste. Il les encouragea à abandonner les métiers commerciaux et à adopter des activités agricoles. En 5574 (1814), Rabbi Dov Ber organisa la reconstruction des implantations juives détruites par les combats et en 5575 (1815), il obtient la concession d’un terrain, dans la région de ‘Herson, afin d’y installer les familles juives. Il visita ensuite ces implantations en 5577 (1817) et y passa même six mois, de Pessa’h à Elloul.

Comme son père également, il collecta des fonds pour les ‘Hassidim d’Erets Israël et en 5576-5577 (1816-1817), il organisa l’installation des ‘Hassidim ‘Habad à ‘Hevron et y acheta lui-même une synagogue, qui porte son nom.

L’Admour Haémtsahi structura, développa et diffusa largement la ‘Hassidout ‘Habad, comme en témoignent les nombreux ouvrages qui écrivit et qui furent imprimés de son vivant. Sa vie fut un tissu de réalisations et d’abnégation. Par ailleurs, il rencontra de nombreuses autorités du peuple juif, à qui il put présenter la ‘Hassidout. Un célébre discours est en particulier imprimé, qu’il prononça devant Rabbi Akiva Eïger.

Depuis son plus jeûne âge, Rabbi Dov Ber était de faible constitution. Il souffrait du cœur et des poumons. Plus d’une fois, il lui arriva d’être malade, à la suite d’un discours public prononcé avec fougue.

En 5587 (1826), à la fin du mois de Tishri, il fut arrêté, suite à une dénonciation. Eu égard à son rang, Rabbi Dov Ber reçut l’autorisation de se rendre sur son lieu de détention par ses propres moyens, sans être conduit comme un prisonnier. Là, il fut placé en résidence surveillé. On lui donna l’autorisation de recevoir ses ‘Hassidim et d’organiser un Minyan pour la prière. Il fut libéré le 10 Kislev, qui depuis, est devenu pour les ‘Hassidim ‘Habad, la fête de sa libération, un jour où l’on ne récite par le Ta’hanoun.

Cette même année, il apprit qu’une décision royale faisait obligation aux jeunes Juifs de servir dans l’armée russe. Devant la gravité de cette décision, il décida de se rendre auprès du tombeau de son père, à Haditch, pour prier. Lorsqu’il y parvient, il dit aux ‘Hassidim :
‘’J’ai obtenu de mon père qu’il me dispense de la mission qu’il m’a confiée. Je vous laisse mon gendre, Rabbi Mena’hem Mendel. Il vous dirigera’’.
Les ‘Hassidim déduisirent de ces mots qu’il avait l’intention de partir pour Erets Israël, mais, sur le chemin de retour vers Loubavitch, il quitta ce monde, à Nyéghi, près de Tchernikov, le 9 Kislev 5587 (1826), alors qu’il était âgé de cinquante quatre ans. Il est enterré dans cette ville. Là, un mausolée est construit sur sa tombe et, à côté de celui-ci, se trouve une synagogue, dans laquelle chacun peut prier.

Il eut deux fils et sept filles. Ses fils furent Rabbi Mena’hem Na’houm et Rabbi Barou’h. Ses filles furent la Rabbanit Sarah, décédée dans son jeune âge, la Rabbanit Beïla, la Rabbanit ‘Haya Mouchka, épouse du Tséma’h Tsédek, son successeur, la Rabbanit Dévora Léa, la Rabbanit Bera’ha, la Rabbanit Menou’ha Ra’hel qui vécut à ‘Hevron, en Erets Israël, où elle fit des miracles et la Rabbanit Sarah, portant le nom de sa sœur ainée.