La majorité religieuse
Commentant le verset (Béréchit 34,25) "deux des fils de Yaakov, Chimeon et Lévi, frères de Dina, prirent chaque homme (Ich) son épée", nos Sages expliquent que ceux-ci étaient alors âgés de treize ans et en déduisent que tel est l'âge de la majorité religieuse, ainsi qu'il est dit "tu te renforceras et tu seras un homme (Ich)". La maturité alors atteinte permet d'accomplir les Préceptes divins et, dès lors, chacun est tenu de les mettre en pratique.

Certes, l'enfant est d'ores et déjà capable de comprendre avant cet âge. Néanmoins, sa conscience n'est pas parfaite. Il ne ressent pas l'importance des Commandements et la gravité de les négliger. On peut illustrer cette idée de la façon suivante. L'enfant peut comprendre ce que sont les biens matériels ou les honneurs. Il ne les recherche pas pour autant. De même, ile ne perçoit pas à proprement parler la peine qui découle de la pauvreté et du dénuement. Cest pour cela qu'i n'est pas pleinement reponsable de ses actes et ne peut donc pas être tenu d'accomplir les Commandements.
   
 
En différentes occasions, lors de la célébration d'une Bar Mitsva, nos Rebbeïm ont commencé leur discours par le verset "faisons l'homme (Adam) à Notre image". En effet, la Bar Mitsva permet à l'enfant d'accéder à la perfection du statut d'homme.

On peut cependant s'interroger. Quelle différence y a t'il entre le terme "Ich", employé par le verset précédemment cité pour désigner l'homme et celui qui est introduit ici "Adam" ? De plus, "Adam" fait allusion à la plus haute perfection. Comment imaginer qu'elle soit atteinte dès la Bar Mitsva ?
     
 
Ich décrit l'homme dont la compréhension intellectuelle donne naissance aux sentiments. En fait, ce terme générique regroupe de nombreux niveaux, dont la perfection n'est accessible qu'à partir de l'âge de vingt ans.
Adam en revanche, représente l'homme dont l'activité intellectuelle transcende toute manifestation émotionnelle. La question est donc très forte. Comment faire mention du niveau d'Adam à propos de l'enfant qui vient d'atteindre d'âge de treize ans ?

Il faut en conclure que que la Bar Mitsva fait accéder le jeune garçon au niveau d'Ich, mais lui apporte également l'élévation d'Adam, indispensable pour accomplir les Mitsvot.
     
 
Nous déduirons tout cela du verset précédemment cité, "ils prirent leur épée". En effet, la dimension nouvelle que reçoit l'enfant de treize ans ne se situe pas dans ses sentiments, mais bien dans son intellect. Il devient raisonnable et peut comprendre. Dès lors, il se soumet à la Torah et aux Mitsvot, en assume la responsabilité. Dès lors, comment déduire ce principe d'un verset décrivant une action qui résulte de sentiments ?

Ce verset décrit, en fait, une qualité qui n'est pas indispensable au niveau d'Ich, mais conduit cependant à la perfection. En d'autres termes, l'élévation confére à l'enfant de treize ans n'est pas simplement celle qui caractérise ce niveau d'Ich, qui ne serait, du reste, pas suffisante. Il posséde en outre, une propriété spécifique, définie par ce verset.

C'est donc pour cela que nos Rebbeïm citaient le verset "faisons l'homme (Adam) à notre image", lorsqu'ils commentaient la Torah, à une Bar Mitsva. L'enfant de treize ans, en effet, parvient avant tout à l'âge de raison, mais cela n'est pas encore suffisant et il doit servir D-ieu à la façon d'Adam, décrite par le verset "ils prirent leur épée", comme nous le montrerons.